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Niger : Deux ex-otages européennes libérées après plusieurs mois de captivité

L’Autrichienne Eva Gretzmacher et la Suisso-Nigérienne Claudia Abbt, enlevées respectivement en janvier et en avril 2025 à Agadez, au nord du Niger, ont été libérées et conduites à Benghazi, en Libye. Leur libération, annoncée jeudi 22 octobre, a été rendue possible grâce à l’intervention des autorités de l’est libyen, notamment Saddam Haftar, fils du maréchal Khalifa Haftar.

Par Thomas Biakpa
Publié le 22 octobre 2026
Lecture : 5 min
Niger : Deux ex-otages européennes libérées après plusieurs mois de captivité

Claudia Abbt (à droite) et Eva Gretzmacher à bord d’un avion après leur libération. La Suissesse a passé 18 mois en captivité, contre 21 mois pour l’Autrichienne, toutes deux aux mains de l’État islamique/ al-Masa

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Un long épisode de captivité vient de prendre fin pour Eva Gretzmacher et Claudia Abbt. Après plusieurs mois sans nouvelles précises sur leur sort, les deux femmes ont retrouvé la liberté et se trouvent désormais en Libye, où elles ont été accueillies à Benghazi.

Les autorités autrichiennes et suisses ont confirmé leur libération jeudi 22 octobre, mettant ainsi un terme à une période d’incertitude particulièrement éprouvante pour leurs proches.

Selon les informations diffusées par la chaîne de télévision libyenne Al-Masar, la libération des deux ex-otages a été obtenue grâce à une intervention impliquant le maréchal Khalifa Haftar, figure centrale de l’est libyen, et son fils Saddam Haftar, commandant en chef adjoint de l’Armée nationale libyenne.
Ce dernier aurait joué un rôle déterminant dans les démarches ayant conduit à leur remise en liberté.

Le soulagement après de longs mois d’angoisse

Pour les familles des deux femmes, cette annonce marque avant tout la fin d’une attente douloureuse. Le fils d’Eva Gretzmacher, Christopher Gretzmacher, a exprimé son soulagement après avoir pu entendre sa mère au téléphone.
« Après plus de 21 mois, on est très soulagé aujourd’hui que ce cauchemar ait finalement pris fin », a-t-il confié au micro d’un média français. Il a également salué la solidarité dont sa famille a bénéficié pendant toute cette période, soulignant que l’ampleur du soutien reçu dépassait ce qu’il aurait pu imaginer.

Les premiers échanges avec sa mère sont toutefois restés brefs. L’essentiel, selon lui, était de pouvoir entendre sa voix et de s’assurer qu’elle était désormais libre. La famille espère à présent organiser son retour à Vienne, en Autriche, afin de se retrouver et de partager ensemble les premiers moments qui suivent cette épreuve.

Christopher Gretzmacher a également tenu à remercier les personnes impliquées dans cette libération, citant notamment Saddam Haftar et l’ensemble de la famille Haftar.
À Vienne, la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger, a elle aussi fait part de son soulagement. Dans un communiqué, elle a rappelé combien cette période avait été difficile pour Eva Gretzmacher et ses proches, se réjouissant de la voir enfin libre après plus de 21 mois de captivité.

Du côté suisse, le chef de la diplomatie, Ignazio Cassis, a annoncé la libération de Claudia Abbt dans un message publié sur le réseau social X. Il a exprimé sa satisfaction et remercié les partenaires suisses et étrangers qui se sont mobilisés pour obtenir sa libération.

Le Département fédéral suisse des affaires étrangères a, pour sa part, précisé que la ressortissante suisse avait été accueillie à Benghazi par des collaborateurs de l’administration fédérale. Elle a également bénéficié d’une prise en charge médicale.

Deux enlèvements survenus à Agadez

Les deux femmes avaient été enlevées à quelques mois d’intervalle dans la ville d’Agadez, située dans le nord du Niger, une région confrontée à des menaces sécuritaires persistantes.
Eva Gretzmacher, une Autrichienne âgée de 76 ans, vivait dans cette ville depuis une trentaine d’années. Elle avait été enlevée à son domicile le 12 janvier 2025 par des hommes armés. Son enlèvement avait suscité de nombreuses interrogations, notamment en raison de l’absence d’informations fiables sur ses ravisseurs et sur les conditions de sa détention.

Le 13 avril 2025, Claudia Abbt, une Suisso-Nigérienne de 69 ans résidant également à Agadez, avait à son tour été kidnappée. Les circonstances de cette seconde disparition avaient renforcé les inquiétudes quant à la présence de groupes armés dans cette partie du territoire nigérien.

Aucune revendication officielle n’avait été formulée pour ces deux enlèvements. Toutefois, les soupçons s’étaient rapidement orientés vers l’organisation État islamique au Sahel, dont les combattants sont particulièrement actifs dans plusieurs zones de la région.

En l’absence de revendication et d’informations précises sur les ravisseurs, le sort des deux femmes était resté incertain pendant de longs mois. Leur réapparition en Libye constitue donc un développement majeur dans cette affaire, même si les circonstances exactes de leur détention et les modalités détaillées de leur libération n’ont pas été précisées dans les informations communiquées.

La Libye au cœur des démarches de libération

Le choix de Benghazi comme lieu d’accueil des deux ex-otages met en lumière le rôle joué par les autorités de l’est libyen dans le dénouement de cette affaire.
D’après la chaîne Al-Masar, les démarches ayant abouti à leur libération ont notamment impliqué Saddam Haftar, fils du maréchal Khalifa Haftar et lieutenant-général occupant le poste de commandant en chef adjoint de l’Armée nationale libyenne.

Les images diffusées par la télévision libyenne montrent les deux femmes dans une salle aménagée pour une rencontre officielle. Toutes deux portent des vêtements propres et des chèches. Un drapeau ainsi qu’un portrait du maréchal Khalifa Haftar apparaissent dans la pièce.

Les images les montrent également se soumettre à un examen médical devant les caméras, avant de décliner leur identité en français et d’exprimer leur reconnaissance envers Khalifa Haftar et son fils Saddam pour leur intervention.

Cette mise en scène publique a accompagné l’annonce de leur libération, tandis que les autorités autrichiennes et suisses confirmaient officiellement la nouvelle et précisaient les premières dispositions prises pour leur prise en charge.