MTN veut passer du portefeuille mobile au bilan bancaire
Le premier opérateur télécoms d’Afrique étudie des licences bancaires dans certains marchés. La promesse de revenus est forte, mais le risque de crédit change la nature du métier.

La stratégie de MTN Group évolue d’un modèle d’intermédiaire financier vers un rôle de prêteur direct
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MTN Group explore l’obtention de licences bancaires dans certains pays afin d’accorder directement des prêts à partir de son propre bilan. Jusqu’ici, l’opérateur distribue surtout du crédit par l’intermédiaire de banques partenaires. Son directeur général, Ralph Mupita, décrit le prêt comme l’une des activités à la croissance la plus rapide dans la fintech du groupe.
Le changement serait majeur. Un portefeuille mobile traite des paiements et conserve des soldes ; une banque assume le risque que l’emprunteur ne rembourse pas, immobilise du capital et répond à des exigences prudentielles. MTN dit vouloir avancer de manière graduelle, uniquement là où la demande et les volumes justifient cette exposition.
Le groupe possède un avantage : des données transactionnelles fréquentes sur des millions de clients, susceptibles d’améliorer l’évaluation du risque pour les petits crédits. Cet avantage doit être encadré par le consentement, la protection des données et des règles transparentes de tarification. Une croissance rapide mal contrôlée pourrait transformer l’inclusion financière en surendettement numérique.
MTN diversifie également ses infrastructures. Une coentreprise avec un investisseur émirati doit développer des centres de données prêts pour l’intelligence artificielle en Afrique du Sud et au Nigeria, avec une première cible de 150 mégawatts. Paiements, crédit et calcul deviennent ainsi trois piliers d’une même stratégie : valoriser le réseau au-delà des minutes de communication.
