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Maurice : une troisième vente de 15 millions de dollars en octobre relance le débat sur les interventions de change

La Banque de Maurice a vendu 15 millions de dollars le 22 octobre, après deux opérations similaires les 5 et 15 octobre. Alors que la presse locale évoque 125 millions de dollars d’interventions depuis janvier, le rapprochement des dates publiées par la banque centrale invite à clarifier le cumul annuel.

Par la Rédaction
Publié le 27 octobre 2026
Lecture : 5 min
Maurice : une troisième vente de 15 millions de dollars en octobre relance le débat sur les interventions de change

La Banque de Maurice multiplie les interventions sur le marché intérieur des changes afin d’apporter des dollars au marché. Le 22 octobre 2026, une vente de 15 millions de dollars au taux annoncé de 47 roupies par dollar a été rapportée par la presse locale.

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La Banque de Maurice a procédé, le 22 octobre 2026, à une nouvelle vente de 15 millions de dollars américains sur le marché intérieur des changes. L’opération, réalisée au taux annoncé de 47 roupies mauriciennes pour un dollar, est la troisième intervention de ce type recensée en octobre par la banque centrale. Elle intervient dans une économie insulaire où l’accès aux devises est déterminant pour le paiement des importations et où les fluctuations de la roupie peuvent rapidement se transmettre aux prix.

Cette troisième opération mérite une attention particulière : plusieurs comptes rendus locaux évaluent les ventes de dollars de la banque centrale à 125 millions depuis janvier. Mais la chronologie officielle des interventions comporte également une vente datée du 5 octobre. Ce décalage ne change pas la réalité de la transaction du 22 octobre ; il impose en revanche de manier avec prudence le total annuel relayé dans la presse.

Trois interventions rapprochées en octobre

Selon les informations publiées par Le Défi Media Group, la Banque de Maurice a cédé 15 millions de dollars le 22 octobre à 47 roupies par dollar, après avoir vendu le même montant le 15 octobre au taux de 47,30. Une troisième opération figure au calendrier officiel de la banque centrale à la date du 5 octobre. La presse mauricienne avait alors fait état d’une vente de 15 millions de dollars au taux de 47,55 roupies.

Les trois ventes d’octobre représentent donc, d’après les montants rapportés pour chacune, 45 millions de dollars. La variation des taux annoncés — 47,55 puis 47,30 et 47 roupies pour un dollar — ne permet pas, à elle seule, d’attribuer l’évolution du marché à l’action de la banque centrale. Les cours dépendent aussi de l’offre privée de devises, des règlements commerciaux, des flux touristiques, des anticipations des opérateurs et de la conjoncture internationale.

La distinction entre un taux d’intervention et le taux payé par un particulier est également essentielle. Les ventes de la banque centrale concernent le marché domestique des changes et ne signifient pas que chaque entreprise ou ménage puisse acheter des dollars au prix indiqué. Les banques commerciales et bureaux de change appliquent leurs propres conditions, frais et marges.

Un total annuel qui appelle une clarification

Les ventes de devises de la Banque de Maurice visent à alimenter le marché intérieur en dollars. Le cumul des interventions doit toutefois être vérifié à partir des opérations recensées et de leurs dates.

Le Défi Media Group indique que les interventions avaient atteint 95 millions de dollars entre janvier et septembre, avant les ventes des 15 et 22 octobre. L’addition de ces deux seules opérations aboutit effectivement à 125 millions. Or la liste publique des interventions de la Banque de Maurice fait aussi apparaître celle du 5 octobre. Si les 95 millions couvrent bien janvier à septembre et si les trois ventes d’octobre sont chacune de 15 millions, le cumul arithmétique atteindrait 140 millions de dollars au 22 octobre.

Ce calcul constitue un rapprochement des données disponibles, non un chiffre annuel officiellement consolidé par la banque centrale dans les documents consultés. Il révèle surtout la nécessité de vérifier les périmètres et les dates de référence lorsqu’un montant cumulé circule. Une publication récapitulative des interventions, détaillant pour chaque séance le volume vendu et le taux retenu, permettrait de lever l’ambiguïté.

Le site institutionnel recense des opérations les 14 janvier, 9 mars, 16 avril, 12 et 26 juin, 3 et 24 septembre, puis les 5, 15 et 22 octobre 2026. Cette succession montre que l’intervention d’octobre ne constitue pas une action isolée. Elle ne suffit toutefois pas à démontrer l’existence d’une cible de change fixe, que la Banque de Maurice n’a pas annoncée dans les informations retenues pour cet article.

Pourquoi la disponibilité du dollar compte

À Maurice, les achats de carburants, de biens alimentaires, de matières premières et d’équipements nécessitent souvent des paiements en devises. Lorsque le dollar devient plus cher en roupies, les importateurs peuvent voir augmenter leur facture, avant même de répercuter une partie du surcoût sur les prix de vente. Une intervention de la banque centrale apporte temporairement des dollars supplémentaires au marché et peut contribuer à atténuer une tension ponctuelle.

Elle n’élimine cependant ni la dépendance aux importations ni les facteurs mondiaux de volatilité. Le coût du fret, les prix de l’énergie, les taux d’intérêt internationaux et l’évolution des recettes en devises continuent d’influencer la situation. Le résultat d’une vente de dollars doit donc être évalué à travers plusieurs indicateurs : liquidité du marché, spreads de change, évolution de la roupie et disponibilité effective des devises pour les entreprises.

Le tableau de bord Actuarix cité par la presse locale indique que le dollar s’est apprécié d’environ 1,4 % face à la roupie en septembre, alors que l’euro et la livre sterling ont reculé d’environ 1 % sur la même période. Ces évolutions différenciées rappellent qu’il n’existe pas une seule mesure de la valeur de la monnaie mauricienne : son comportement varie selon la devise de comparaison et la période observée.

Le prochain test sera la persistance de l’effet

L’enjeu pour les entreprises est moins l’annonce d’une vente ponctuelle que la régularité de l’accès aux dollars au moment de régler leurs fournisseurs. Pour la banque centrale, il consiste à préserver un fonctionnement ordonné du marché sans laisser croire que ses réserves pourraient neutraliser durablement tous les chocs extérieurs. Les réserves officielles, les flux de balance des paiements et les prochaines décisions monétaires permettront de juger de la marge de manœuvre disponible.