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Maroc : Législatives 2026, le PAM s’impose, le PJD signe son retour sur fond de désaffection électorale

Le scrutin législatif marocain redessine le paysage politique du Royaume. Le PAM arrive en tête avec 97 sièges, tandis que le PJD signe un net retour au Parlement. Une percée réalisée sur fond de forte abstention, avec une participation limitée à 38,08 %, dans un contexte marqué par des enjeux sociaux et économiques majeurs.

Par Thomas Biakpa
Publié le 25 septembre 2026
Lecture : 3 min
Maroc : Législatives 2026, le PAM s’impose, le PJD signe son retour sur fond de désaffection électorale

Opération de dépouillement dans un bureau de vote au Maroc /AFP

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Les urnes marocaines ont livré un paysage politique profondément renouvelé. À l’issue des élections législatives, le Parti authenticité et modernité (PAM) arrive en première position avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants.

Derrière lui, le Rassemblement national des indépendants (RNI) obtient 66 sièges, tandis que l’Istiqlal en décroche 65.
Cette configuration ne permet toutefois à aucune formation de gouverner seule. Le prochain exécutif devra donc nécessairement reposer sur des alliances parlementaires.

Conformément aux règles institutionnelles marocaines, le roi Mohammed VI doit charger de former le gouvernement une personnalité issue du parti arrivé en tête.

Mais au-delà du classement des formations politiques, le principal enseignement du scrutin réside dans la faible participation. Seulement 38,08 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes. Ce niveau, en net recul par rapport aux 50,86 % enregistrés lors des précédentes législatives de 2021, traduit une mobilisation électorale particulièrement limitée.

Un électorat peu mobilisé

Le PAM arrive en tête des législatives au Maroc avec 97 sièges remportés/ Capture Instagram

Cette abstention constitue l’un des faits marquants de l’élection. Alors que les enjeux économiques et sociaux occupent une place importante dans les préoccupations de la population, une large partie du corps électoral n’a pas pris part au vote.

L’emploi, l’évolution du coût de la vie et l’accès aux services publics figurent notamment parmi les sujets qui suscitent des attentes importantes, en particulier chez les jeunes. La faible participation donne ainsi une dimension particulière au résultat des urnes et souligne le décalage entre les enjeux politiques du moment et la mobilisation électorale.

Le PJD retrouve une place centrale

Autre fait notable de ce scrutin, la remontée du Parti de la justice et du développement (PJD). Après avoir obtenu seulement 13 sièges en 2021, la formation islamiste d’opposition en recueille cette fois 54.
Ce rebond lui permet de retrouver une présence parlementaire significative après une lourde défaite lors du précédent scrutin. Il constitue également l’un des changements les plus visibles dans la nouvelle composition de la Chambre des représentants.

Le nouveau rapport de forces devra désormais se traduire dans les négociations politiques qui suivront l’élection. Le PAM, arrivé en tête mais dépourvu de majorité absolue, devra rechercher des partenaires afin de constituer une majorité parlementaire capable de soutenir le futur gouvernement.

Entre ambitions économiques et fractures sociales

Le scrutin se déroule dans un Maroc engagé dans d’importants chantiers de développement et d’infrastructures. Le pays prépare notamment les échéances liées à la Coupe du monde 2030, un événement qui s’accompagne de projets d’aménagement et d’investissements conséquents.

Parallèlement, les autorités restent confrontées à des défis persistants en matière de cohésion sociale et territoriale. Les écarts de développement entre régions, les difficultés liées à l’emploi et les préoccupations concernant le pouvoir d’achat demeurent au cœur des attentes d’une partie de la population.

La nouvelle majorité devra donc composer avec une équation politique complexe : traduire le résultat électoral en coalition gouvernementale tout en répondant à des demandes sociales importantes, dans un contexte marqué par une participation électorale en forte baisse.

Avec un PAM arrivé en tête, un RNI toujours présent parmi les principales forces parlementaires, un Istiqlal solidement positionné et un PJD de nouveau en mesure de peser dans le débat politique, le Parlement marocain entre ainsi dans une nouvelle phase. Reste désormais à voir quelles alliances permettront de dégager une majorité et quelles priorités seront placées au centre de l’action du prochain gouvernement.