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Mali : Goïta muscle les forces spéciales avec un nouveau QG à Sénou

Le Mali renforce son dispositif militaire spécialisé. À Sénou, près de Bamako, Assimi Goïta a inauguré un nouveau quartier général dédié aux forces spéciales et officialisé l’entrée en activité du Commandement des opérations spéciales (COS), chargé de coordonner quatre unités spécialisées.

Par Thomas Biakpa
Publié le 17 septembre 2026
Lecture : 4 min
Mali : Goïta muscle les forces spéciales avec un nouveau QG à Sénou

Le Général Goita et des membres du gouvernement malien lors de l’inauguration du QG des forces spéciales à Sénou/ Capture Facebook

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Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la transformation de l’appareil militaire malien. Le 15 septembre 2026, à Sénou, dans les environs de Bamako, le général d’armée Assimi Goïta a officiellement ouvert un complexe destiné aux forces spéciales et donné le coup d’envoi aux activités du Commandement des opérations spéciales (COS).

Le site, qui s’étend sur une superficie d’environ 15 hectares, a été réalisé grâce aux ressources de l’État malien. Il est conçu pour réunir au même endroit les principales fonctions nécessaires à la préparation et à l’exécution des missions spéciales à savoir, le commandement, l’entraînement, l’hébergement et le soutien logistique.

Les infrastructures comprennent notamment des bureaux administratifs, des logements, une salle de sport, un restaurant, des espaces de stockage et une place d’armes. Des équipements consacrés à l’approvisionnement en eau, à l’assainissement et à la protection contre les incendies complètent l’ensemble.

Le Général Assimi Goita inaugurant le nouveau QG des forces spéciales à Sénou, mardi 15 septembre 2026 / Capture Facebook

Le COS devient le centre de coordination des unités spécialisées

Au-delà de l’inauguration du complexe, la cérémonie de Sénou marque surtout la mise en activité effective d’une nouvelle structure de commandement.

Le Commandement des opérations spéciales est appelé à coordonner quatre formations : le Bataillon autonome des Forces spéciales et des Centres d’aguerrissement (BAFS-CA), la Force antiterroriste (FAT), le Groupement de reconnaissance et d’intervention (GRI) ainsi que la Force spéciale Air.

L’objectif affiché par les autorités est de disposer d’une organisation permettant de mieux préparer, coordonner et diriger les opérations conduites par ces différentes unités.

La création du COS n’est toutefois pas récente. Les autorités maliennes avaient adopté en juin 2025 les textes établissant cette structure, après avoir identifié des difficultés dans la coordination et l’utilisation des formations spécialisées.

Lors de la cérémonie, Assimi Goïta a remis les insignes du nouveau commandement aux responsables du BAFS-CA et de la FAT. Des militaires ont également reçu leurs brevets parachutistes, tandis que plusieurs distinctions ont été attribuées au cours de l’événement.

Une transformation qui dépasse les forces spéciales

La création du COS s’inscrit dans une réorganisation beaucoup plus vaste des forces de défense et de sécurité maliennes.
En juillet 2026, le Conseil national de Transition a adopté un projet de loi consacré à l’organisation générale de la Défense et de la Sécurité. Ce nouveau dispositif doit remplacer celui issu de la loi de novembre 2004 et adapter le fonctionnement de l’appareil sécuritaire aux nouvelles réalités stratégiques et opérationnelles du pays.

Parallèlement, Bamako développe ses capacités d’intervention rapide. Les premiers Bataillons d’intervention rapide (BIR) avaient reçu leurs étendards en décembre 2025, tandis que le recrutement au sein de ces formations se poursuit en 2026.

Le renforcement des effectifs constitue également l’un des axes de cette politique. Le programme d’action gouvernemental pour 2025-2026 prévoyait le recrutement de 15 000 militaires ainsi que la construction de nouveaux camps dans six localités.

Des éléments des forces spéciales maliennes défilent sous les yeux du général Goita/ Sahel Tribune

Le volet sahélien de la réforme

La réorganisation ne se limite pas au territoire malien. Bamako participe également à la structuration de la coopération militaire entre les pays de l’Alliance des États du Sahel.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont validé en juillet 2026 le statut juridique de leur Force unifiée. Cette architecture doit notamment servir de cadre aux opérations menées conjointement au-delà des frontières nationales.

L’ouverture du quartier général de Sénou apparaît donc comme l’un des éléments d’un chantier plus large. Le Mali cherche simultanément à réorganiser ses unités spécialisées, à renforcer ses capacités de réaction, à revoir son cadre juridique militaire, à accroître ses effectifs et à structurer davantage sa coopération sécuritaire avec ses voisins sahéliens.