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Guinée : Mamadi Doumbouya vire deux ministres du gouvernement et prévient : « contre la corruption, ma main ne tremblera pas »

Mamadi Doumbouya, le président guinéen a limogé, vendredi 21 août, deux ministres de son gouvernement, sans en préciser les motifs. Mory Condé et Mourana Soumah quittent ainsi leurs fonctions alors que le chef de l’État réaffirme sa fermeté face à la corruption et promet d’appliquer une « rigueur républicaine » à tous les responsables publics, sans distinction de rang ni de proximité.

Par Thomas Biakpa
Publié le 23 août 2026
Lecture : 3 min
Guinée : Mamadi Doumbouya vire deux ministres du gouvernement et prévient : « contre la corruption, ma main ne tremblera pas »

Le président guinéen Mamadi Doumbouya/ Présidence Guinée

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Le président guinéen Mamadi Doumbouya a procédé, vendredi 21 août, à un remaniement inattendu marqué par le départ de deux membres du gouvernement. Mory Condé, ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, ainsi que Mourana Soumah, en charge de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, ont été démis de leurs fonctions par décret.

Les autorités n’ont, pour l’heure, fourni aucune explication officielle sur les raisons de ces changements. En attendant la désignation de leurs successeurs, la gestion des deux départements a été confiée à leurs secrétaires généraux respectifs.

Ramatoulaye Camara assure ainsi l’intérim au ministère de l’Emploi, tandis que Souleymane Bah prend les rênes du département de la Communication.

Un message présidentiel qui ne laisse pas indifférent

Quelques heures après l’annonce des limogeages, Mamadi Doumbouya a publié un message au ton particulièrement ferme sur la lutte contre la corruption. Sans établir de lien direct entre les départs des deux ministres et une quelconque affaire, le chef de l’État a rappelé que nul responsable public ne devait être considéré comme intouchable.
« Contre la corruption, ma main ne tremblera pas », a-t-il déclaré, affirmant que ni le rang, ni la fonction, ni les relations personnelles ne sauraient protéger un responsable de ce qu’il appelle la « rigueur républicaine ».

À travers cette déclaration, le président guinéen entend réaffirmer l’exigence d’exemplarité au sommet de l’État. La politique de « Refondation » défendue par son régime suppose, selon lui, que les premiers concernés par les règles de bonne gouvernance soient les responsables eux-mêmes.

Une série de décisions au sommet de l’État

Les changements opérés vendredi ne concernent pas uniquement le gouvernement. Mahamadou Abdoulaye Diallo, conseiller à la présidence chargé de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, a également été relevé de ses fonctions.
Dans le même temps, une mesure disciplinaire a été annoncée à l’encontre d’Algassimou Diallo, ancien avocat général près la Cour suprême. Celui-ci a été déchu de son grade de Commandeur et radié de la magistrature.

L’enchaînement de ces décisions donne à la soirée du 21 août une portée particulière, même si les autorités n’ont pas établi publiquement de lien entre les différents dossiers.

La lutte contre la corruption au cœur du discours officiel

Depuis plusieurs années, le pouvoir guinéen fait de la lutte contre la corruption et du renforcement de la gouvernance publique des axes majeurs de son programme. Ces engagements figurent notamment parmi les priorités affichées dans le cadre de la Refondation de l’État.

Les enjeux financiers sont considérables. Selon l’Agence nationale de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance, la corruption représenterait chaque année plus de 500 milliards de francs guinéens en pots-de-vin.

Dans ce contexte, les derniers départs pourraient être interprétés comme un nouveau signal de fermeté envoyé par la présidence. Mais en l’absence de motifs officiels concernant Mory Condé et Mourana Soumah, il reste impossible d’affirmer que leurs limogeages sont liés à des faits de corruption ou à une quelconque faute.

Pour l’heure, une seule certitude demeure. Le président Mamadi Doumbouya veut afficher une ligne de conduite fondée sur la discipline et l’exigence d’exemplarité au sein de l’appareil d’État. Les prochaines nominations et les éventuelles explications officielles permettront de mieux comprendre la portée réelle de cette nouvelle série de décisions.