Éthiopie : Le Tigré sous les bombes, quatre morts et des dizaines de blessés, dont 33 enfants
La reprise des combats au Tigré fait de nouvelles victimes civiles. Au moins quatre personnes ont été tuées et 44 autres, dont 33 enfants, grièvement blessées dans des bombardements ayant frappé deux localités du sud de la région, selon une source médicale citée par l’AFP.

La guerre en Éthiopie, entre le gouvernement fédéral et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), a repris de plus belle / BBC
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La reprise des hostilités dans le nord de l’Éthiopie fait déjà de nouvelles victimes civiles. Au moins quatre personnes ont perdu la vie et 44 autres, parmi lesquelles 33 enfants, ont été grièvement blessées ces derniers jours dans des bombardements ayant touché deux localités du sud du Tigré, selon une source médicale citée par l’AFP à Mekele, capitale de la région.
Entre samedi et lundi, l’hôpital Aydar de Mekele a pris en charge 44 civils blessés à la suite de tirs d’artillerie sur Alamata et Maychew. Plusieurs victimes souffrent de blessures particulièrement graves. Certaines auraient perdu la vue ou subi l’amputation de membres, selon un membre du personnel médical.
La même source précise qu’au moins quatre personnes sont décédées alors qu’elles étaient transportées vers l’établissement hospitalier. Les témoignages recueillis auprès d’habitants venus accompagner des proches blessés viennent également faire état de bombardements particulièrement intenses.
À Maychew, située à environ 40 kilomètres à vol d’oiseau au nord d’Alamata, un habitant affirme que six obus ont frappé la ville lundi. Selon lui, plusieurs personnes ont été tuées, dont deux dans un quartier résidentiel. À Alamata, un autre témoin présent à l’hôpital a rapporté un important pilonnage samedi dans une zone où se trouvait notamment un marché, faisant plusieurs victimes civiles.
Une nouvelle escalade après plusieurs mois de tensions
Ces violences interviennent alors que les combats ont repris le 23 septembre dans le nord de l’Éthiopie, après plusieurs mois de tensions entre les autorités fédérales et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui exerce de fait son contrôle sur l’État régional.
Quelques jours avant la reprise des affrontements, le TPLF et six autres groupes armés hostiles au gouvernement avaient annoncé la création d’une alliance visant à « renverser » le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed. Pour l’heure, seule la milice amhara Fano semble être directement engagée dans les combats.
Ceux-ci se concentrent principalement dans les zones frontalières du Tigré, ainsi que dans les États voisins de l’Amhara et de l’Afar.
Lundi, les forces fédérales ont semblé enregistrer une première avancée en s’emparant d’Alamata, une localité stratégique située sur l’axe routier conduisant vers Mekele, à moins de 200 kilomètres de la capitale régionale. Il demeurait toutefois impossible de déterminer avec certitude, mardi, l’ampleur de leur progression à l’intérieur du Tigré.
Des informations difficiles à vérifier

La situation reste particulièrement difficile à documenter en raison des importantes perturbations des réseaux de communication dans la région. Les informations concernant les bombardements et l’évolution des positions militaires ne pouvaient donc pas être vérifiées de manière indépendante dans l’immédiat.
Les témoignages recueillis auprès des habitants et la prise en charge des blessés à l’hôpital Aydar constituent néanmoins les principaux éléments disponibles sur le bilan humain des dernières violences.
Cette nouvelle flambée de violence ravive le souvenir du conflit qui avait opposé, entre 2020 et 2022, le gouvernement fédéral au TPLF. Cette guerre avait dévasté le Tigré et provoqué un bilan humain considérable. L’Union africaine estime qu’au moins 600 000 personnes ont péri durant le conflit, un chiffre que plusieurs observateurs considèrent comme sous-évalué.
Un accord de paix fragilisé
La signature d’un accord de paix en 2022 avait permis de mettre fin aux affrontements à grande échelle. Mais plusieurs de ses dispositions n’ont jamais été pleinement mises en œuvre, laissant subsister de profondes tensions entre les deux camps.
Depuis août, des drones éthiopiens ont par ailleurs mené à plusieurs reprises des frappes contre des cibles militaires dans le Tigré. En avril, le TPLF avait chassé de la région l’administration installée par le gouvernement fédéral, accentuant encore la confrontation avec le pouvoir d’Addis-Abeba.
Dans ce contexte déjà fragile, la reprise des combats et les bombardements signalés dans plusieurs localités font craindre une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire au Tigré, alors que les populations civiles se retrouvent une nouvelle fois exposées aux conséquences directes des affrontements.
