Éthiopie : La bataille pour le contrôle du Tigré s’intensifie, l’armée éthiopienne contre-attaque, Mekelle frappée en plein coeur
Le nord de l’Éthiopie replonge dans une nouvelle phase de violences. Alors que l’armée fédérale multiplie les opérations pour reprendre du terrain face aux forces tigréennes, les combats s’intensifient autour d’Alamata et sur plusieurs fronts. À Mekelle, capitale du Tigré, une frappe de drone a visé les locaux de Tigrai TV, illustrant l’escalade des hostilités dans une région déjà profondément marquée par le conflit.

Un milicien amhara en route vers la ligne de front face aux Tigréens du TPLF /AFP
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La reprise des hostilités dans le nord de l’Éthiopie prend une nouvelle dimension. Alors que les forces fédérales cherchent à regagner du terrain face aux combattants tigréens, plusieurs zones stratégiques sont désormais le théâtre de violents affrontements.
Dans la capitale régionale, Mekelle, une frappe de drone a également visé les locaux de la télévision publique du Tigré.
L’attaque s’est produite dimanche matin aux alentours de 9 heures. Un drone a atteint le bâtiment de Tigrai TV, sans faire de victime selon les premières informations communiquées par un journaliste de la chaîne à l’AFP. La télévision est associée au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), acteur majeur de la crise dans la région.
Quelques jours avant cette frappe, la chaîne avait diffusé l’annonce de la création d’une nouvelle alliance regroupant plusieurs organisations armées opposées au pouvoir central. L’Autorité éthiopienne des médias avait ensuite ordonné la suspension de Tigrai TV.
Les combats se concentrent autour d’Alamata

Dans le sud du Tigré, la situation reste particulièrement tendue. Les forces fédérales et les combattants des Tigray Defense Forces (TDF) s’affrontent depuis plusieurs jours autour d’Alamata, une ville située à proximité de la frontière avec la région de l’Amhara.
Selon des sources militaires, les troupes gouvernementales auraient pris le contrôle de Kobo et de Waja, deux localités situées non loin d’Alamata. Leur progression pourrait leur permettre de renforcer leur position sur cet axe menant vers le Tigré.
Avec une population d’environ 80 000 habitants, Alamata représente un enjeu important pour les deux camps. Un chercheur interrogé sous couvert d’anonymat estime que ni les forces fédérales ni les TDF ne peuvent facilement renoncer à cette position.
Cette situation laisse présager de nouveaux affrontements dans les prochains jours.
Les habitants vivent dans la crainte des frappes
Sur place, la population fait face à une situation de plus en plus préoccupante. Des habitants limiteraient leurs déplacements, redoutant de nouvelles attaques aériennes.
Le 22 septembre, environ quinze frappes de drones auraient été enregistrées dans la ville, selon Acled, organisation spécialisée dans le suivi des conflits. Des établissements scolaires ainsi qu’un hôpital auraient notamment été touchés. Les informations disponibles ne permettent toutefois pas encore d’établir un bilan précis des victimes.
Ces bombardements ont également suscité des réactions internationales. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé vendredi les frappes attribuées à l’armée éthiopienne contre cinq écoles du Tigré.
Les combats s’étendent au-delà du Tigré
Le conflit ne se limite toutefois pas au sud de la région. Les forces opposées au gouvernement fédéral continuent leurs opérations dans d’autres secteurs du nord du pays.
Dimanche, les TDF ont annoncé avoir pris le contrôle d’Erebti, une localité située dans la région Afar, à environ 60 kilomètres du Tigré par la route. Cette évolution illustre l’élargissement des affrontements à plusieurs zones frontalières.
Parallèlement, les autorités militaires éthiopiennes accusent l’Érythrée de soutenir les groupes armés engagés dans le conflit. Le chef de l’armée, Birhanu Jula, affirme notamment que des munitions seraient acheminées vers le Tigré avec l’aide d’Asmara.
Le gouvernement érythréen rejette cependant ces accusations. Alors que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, les tensions régionales restent donc fortes et la situation militaire demeure particulièrement instable dans le nord de l’Éthiopie.
