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Égypte : Scatec et la BERD créent une plateforme d’investissement de 221 millions de dollars pour les renouvelables

Le groupe norvégien Scatec et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ont signé, le 22 octobre, un accord pour financer conjointement un portefeuille de projets électriques en Égypte. L’engagement annoncé de la BERD, plafonné à 221 millions de dollars, combine capital et garanties. La structure vise plusieurs gigawatts de capacités renouvelables, sans que toutes les installations soient déjà construites.

Par la Rédaction
Publié le 28 octobre 2026
Lecture : 5 min
Égypte : Scatec et la BERD créent une plateforme d’investissement de 221 millions de dollars pour les renouvelables

Le développement des capacités solaires en Égypte est au cœur du partenariat entre Scatec et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), qui prévoit jusqu’à 221 millions de dollars d’investissement et de garanties.

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La transition énergétique égyptienne change d’échelle financière. Le 22 octobre 2026, le producteur norvégien d’électricité renouvelable Scatec a annoncé la signature d’un accord de cession d’actions avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Leur objectif : constituer une plateforme commune d’investissement dans des centrales solaires, éoliennes et des installations de stockage par batteries. L’institution multilatérale s’engage à hauteur de 221 millions de dollars au maximum, une enveloppe destinée à accompagner plusieurs opérations et non à financer une seule centrale.

Le montage prévoit que Scatec détienne 60 % de la nouvelle structure et la BERD 40 %. Le groupe norvégien conserve la conduite du développement des projets, la réalisation des travaux, la gestion des actifs et leur exploitation. La banque apporte, de son côté, une capacité d’investissement de long terme et une expertise des risques dans les économies où elle intervient. Le communiqué commun évoque environ 170 millions de dollars de participation en capital, le solde prenant la forme de garanties au niveau des projets. Cette ventilation doit être distinguée du plafond global de 221 millions de dollars indiqué dans la fiche de projet de la BERD.

Quatre projets au cœur du portefeuille

La plateforme doit notamment prendre des participations dans quatre projets identifiés : 40 % dans Obelisk, 51 % dans Shadwan et environ 60 % dans la première phase du projet Egypt Aluminium, également appelé Dandara, ainsi que dans Energy Valley. Ces pourcentages décrivent la répartition prévue du capital au niveau des projets ; ils ne correspondent ni à la part de l’électricité déjà produite ni à des capacités déjà raccordées. D’autres co-investisseurs minoritaires sont également envisagés.

La distinction est essentielle pour Obelisk, qui ne se trouve pas au même stade que les nouvelles installations. Cette centrale hybride d’environ 1,1 gigawatt de solaire, dotée d’un système de batteries de 100 mégawatts et 200 mégawattheures, a atteint sa pleine mise en service commerciale en août 2026, selon les informations diffusées par Scatec et reprises par la presse spécialisée. Les autres actifs du portefeuille présentent des calendriers et des conditions de financement différents. L’annonce du 22 octobre porte donc sur une réorganisation de l’investissement et sur le développement de projets, et non sur l’inauguration simultanée de quatre nouvelles centrales.

Un programme de plusieurs gigawatts, encore à concrétiser

Le stockage par batteries doit contribuer à intégrer une production solaire et éolienne variable au réseau électrique égyptien. Les capacités mentionnées dans le programme correspondent à des objectifs prévisionnels, dont la réalisation dépendra du calendrier des projets.

Dans sa documentation rendue publique le 22 octobre, la BERD associe cette opération au développement de 2,7 gigawatts de capacités solaires, de 0,9 gigawatt d’éolien et de 4,2 gigawattheures de stockage par batteries. Elle estime que les installations, une fois mises en service, pourraient produire environ 11 térawattheures d’électricité par an et éviter jusqu’à cinq millions de tonnes de dioxyde de carbone annuellement. Il s’agit de résultats prévisionnels calculés pour le portefeuille, et non d’une production ou d’une réduction d’émissions déjà observée.

Le document de la banque fait également état d’un coût total de projet de 550 millions de dollars pour la transaction examinée. Ce chiffre n’est pas à additionner mécaniquement à l’engagement de 221 millions : il correspond au périmètre financier présenté dans la fiche d’investissement. La banque précise que son approbation remonte au 22 juillet 2026, tandis que la divulgation publique de la fiche et l’annonce de l’accord sont intervenues le 22 octobre. Cette chronologie rappelle qu’une approbation interne, une signature et les décaissements ultérieurs sont trois étapes distinctes.

La question du financement en fonds propres

L’intérêt du dispositif tient à la place du capital dans le financement des infrastructures. Les centrales électriques exigent des dépenses importantes avant de générer des recettes. Les développeurs peuvent mobiliser de la dette auprès des banques, mais les prêteurs demandent généralement qu’une partie des risques soit supportée par les actionnaires. En entrant au capital d’une plateforme plutôt qu’en prêtant seulement à chaque centrale, la BERD contribue à consolider cette base financière et à faciliter, potentiellement, l’arrivée d’autres partenaires.

Le modèle peut aussi permettre à Scatec de réallouer une partie de ses ressources à de nouveaux chantiers, au lieu de les immobiliser durablement dans les installations déjà développées. La banque présente d’ailleurs l’insuffisance des marchés locaux de fonds propres comme l’une des justifications de son intervention. La rentabilité des projets restera néanmoins tributaire des contrats d’achat d’électricité, des coûts de construction, du calendrier des raccordements et de la stabilité du cadre réglementaire.

Une transition sous surveillance environnementale et sociale

La BERD rattache l’opération au programme égyptien Nexus eau-alimentation-énergie, lancé lors de la COP27. Le pays affiche un objectif de 42 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique à l’horizon 2030 et de 60 % en 2040. Ces cibles sont ambitieuses dans une économie dont la production électrique dépend encore largement des combustibles fossiles. Le développement du solaire et de l’éolien devra s’accompagner d’investissements dans le réseau et de solutions de stockage pour absorber une production variable.

La documentation de la banque insiste également sur les obligations de diligence environnementale et sociale : protection des travailleurs, suivi des chaînes d’approvisionnement, gestion des terres et des risques pour la biodiversité. Les nouveaux appels de fonds doivent être précédés d’examens propres aux projets concernés. Les projets éoliens, en particulier, nécessiteront une attention à la protection des oiseaux et des chauves-souris. L’accord ne dispense donc pas les promoteurs des autorisations et contrôles applicables à chaque installation.

Pour l’Égypte, la portée de l’annonce se mesurera à la transformation de ce partenariat financier en capacités effectivement raccordées, en électricité livrée et en investissements complémentaires. Pour la BERD et Scatec, l’enjeu dépasse un simple effet d’annonce : démontrer qu’une plateforme de capital peut accélérer plusieurs projets tout en maîtrisant les risques d’exécution. Les 221 millions de dollars constituent aujourd’hui un engagement annoncé ; les résultats industriels, eux, se vérifieront dans les prochaines étapes du portefeuille.