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Côte d’Ivoire : les impôts mobilisent 4 469 milliards FCFA à fin septembre et visent le cap des 6 000 milliards

La Direction générale des impôts a annoncé, le 23 octobre à Abidjan, avoir collecté 4 469,2 milliards FCFA au cours des neuf premiers mois de 2026, soit 18,8 % de plus qu’un an auparavant. Elle ambitionne désormais de dépasser 6 000 milliards FCFA sur l’année, un objectif qui suppose une forte accélération des encaissements au dernier trimestre.

Par la Rédaction
Publié le 28 octobre 2026
Lecture : 5 min
Côte d’Ivoire : les impôts mobilisent 4 469 milliards FCFA à fin septembre et visent le cap des 6 000 milliards

La Direction générale des impôts (DGI) a annoncé 4 469,2 milliards de FCFA de recettes recouvrées entre janvier et septembre 2026, soit 99,5 % de son objectif sur neuf mois.

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La mobilisation des recettes intérieures ivoiriennes continue de progresser, mais le dernier trimestre sera décisif pour atteindre les ambitions affichées par l’administration fiscale. À l’occasion de son séminaire bilan organisé le vendredi 23 octobre 2026 à Abidjan, la Direction générale des impôts (DGI) a présenté un cumul de 4 469,2 milliards de francs CFA recouvrés entre janvier et septembre. Ce montant représente 99,5 % de l’objectif assigné pour les neuf premiers mois de l’année.

Le directeur général des impôts, Ouattara Abou Sié, a également indiqué que les recettes progressaient de 708,7 milliards FCFA par rapport à la même période de 2025, soit une hausse de 18,8 %. Ces chiffres portent sur les encaissements communiqués par la DGI et ne doivent pas être confondus avec l’ensemble des ressources du budget national, qui comprend d’autres recettes, notamment celles relevant de l’administration douanière, ainsi que des financements non fiscaux.

Un troisième trimestre dynamique, mais légèrement sous l’objectif

Sur les seuls mois de juillet à septembre, la DGI a mobilisé 1 476,2 milliards FCFA, pour une cible de 1 504,4 milliards. Le taux de réalisation ressort ainsi à 98,1 %. En valeur, le recouvrement trimestriel a augmenté de 227,5 milliards FCFA sur un an, ce qui correspond à une progression de 18,2 % par rapport au troisième trimestre 2025.

La performance est donc double : les montants encaissés augmentent nettement, mais les recettes demeurent légèrement inférieures à la cible fixée pour la période. Cette distinction est importante. Une administration peut améliorer son recouvrement par rapport à l’année précédente sans pour autant atteindre la totalité des prévisions budgétaires. La hausse des recettes peut, par ailleurs, refléter plusieurs facteurs — activité économique, évolution des prix, meilleure conformité ou mesures fiscales — que les seuls chiffres agrégés ne permettent pas de départager.

Le taux d’exécution cumulé s’est néanmoins amélioré : il était de 94,8 % à fin septembre 2025, contre 99,5 % un an plus tard, selon les responsables présents au séminaire. Les autorités y voient le résultat des efforts de collecte. Une analyse plus complète exigerait toutefois la publication de données détaillées par catégorie d’impôt, secteur d’activité et type de contribuable.

Le seuil des 6 000 milliards implique un effort supplémentaire

La DGI affiche l’ambition de franchir la barre des 6 000 milliards FCFA de recettes pour l’ensemble de l’année 2026. Sur la base des 4 469,2 milliards déjà mobilisés à fin septembre, il faudrait encaisser au moins 1 530,8 milliards supplémentaires entre octobre et décembre pour atteindre exactement ce seuil, et davantage pour le dépasser.

Or, l’objectif initial annoncé pour le quatrième trimestre est de 1 400 milliards FCFA, en hausse de 263,1 milliards par rapport à la même période de 2025. Si ce seul montant était réalisé, le cumul annuel atteindrait environ 5 869,2 milliards FCFA. Le franchissement des 6 000 milliards suppose donc un résultat supérieur d’au moins 130,8 milliards FCFA à la cible trimestrielle initiale. Ces calculs sont effectués à partir des chiffres communiqués par la DGI et ne constituent pas de nouvelles prévisions officielles.

L’administration indique devoir aussi tenir compte d’un écart cumulé de 20,2 milliards FCFA sur les périodes précédentes. Elle mise notamment sur un plan spécial lancé en septembre pour accélérer les encaissements. La réalisation de l’objectif annuel reste une ambition, et non un résultat acquis au moment de l’annonce.

Contrôle fiscal et recouvrement des arriérés

Le séminaire d’octobre était consacré au bilan du contrôle fiscal, à ses difficultés et aux améliorations possibles. La DGI prévoit d’accélérer le traitement de dossiers contentieux, de renforcer le recouvrement des créances fiscales de 2026 et de poursuivre les arriérés des exercices antérieurs. Ces démarches peuvent améliorer la trésorerie publique, mais leur efficacité dépend notamment de la qualité des dossiers, de la solvabilité des contribuables et du respect des voies de recours.

Le contrôle fiscal poursuit plusieurs finalités. Il peut contribuer à lutter contre la fraude et à réduire les écarts entre contribuables respectant leurs obligations et ceux qui y échappent. Il peut aussi créer des tensions lorsqu’il est perçu comme imprévisible ou excessivement coercitif. Pour les entreprises, l’enjeu réside donc dans l’équilibre entre un recouvrement rigoureux, la sécurité juridique et la possibilité de contester les redressements selon les procédures prévues.

La numérisation et l’exploitation des données sont régulièrement présentées comme des leviers d’efficacité de l’administration fiscale. Leur contribution réelle doit toutefois se mesurer à des indicateurs précis : délais de traitement, qualité du service, baisse des coûts de conformité, évolution des litiges et progression durable des recettes. Une hausse ponctuelle des encaissements ne suffit pas à démontrer une transformation structurelle.

Des recettes essentielles au financement de l’État

Pour les finances publiques ivoiriennes, la mobilisation de ressources intérieures est stratégique. Elle permet de financer les services publics et les investissements tout en réduisant, à la marge, la dépendance aux emprunts et aux ressources extérieures. La Direction générale du Budget et des Finances affiche un budget de l’État de 17 350,2 milliards FCFA pour 2026. Ce total budgétaire n’est pas directement comparable au seul recouvrement de la DGI, mais il rappelle l’ampleur des besoins de financement.

L’amélioration du rendement fiscal pose également la question de sa répartition. Une croissance des recettes soutenable doit reposer sur une assiette suffisamment large, une administration prévisible et un effort réparti selon les règles applicables. Les PME, les grandes entreprises et les ménages ne subissent pas de la même manière les coûts de conformité et les prélèvements indirects.

Les résultats présentés le 23 octobre confirment une progression significative des encaissements sur neuf mois. Ils ne permettent pas encore de conclure à un dépassement de l’objectif annuel. Le prochain bilan, à fin décembre, dira si l’administration a transformé son ambition de 6 000 milliards FCFA en recettes effectivement recouvrées, et dans quelles conditions pour les contribuables.