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Candidature à l’ONU : Macky Sall débouté par la justice française dans sa bataille contre un site

Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté, le 9 septembre 2026, la demande de Macky Sall visant à faire bloquer en France le site nonamacky.org, qui conteste sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU. La justice française a notamment retenu la dimension critique et d’intérêt général du débat autour de cette candidature

Par Thomas Biakpa
Publié le 23 septembre 2026
Lecture : 3 min
Candidature à l’ONU : Macky Sall débouté par la justice française dans sa bataille contre un site

Macky Sall, candidat au poste de Secrétaire général de l’ONU /AFP

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La tentative de Macky Sall de faire suspendre en France l’accès à nonamacky.org, plateforme hostile à sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies, n’a pas abouti. Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté, le 9 septembre 2026, les mesures de blocage sollicitées par l’ancien président sénégalais.

La procédure visait plusieurs acteurs techniques et fournisseurs d’accès à Internet, notamment Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom. Macky Sall demandait que ces opérateurs empêchent les internautes situés en France d’accéder au site. Il souhaitait également que soient prises des mesures contre les services techniques participant à la diffusion de la plateforme.

Des accusations jugées dans le contexte du débat public

Mis en ligne pour contester la candidature de l’ancien chef de l’État sénégalais, nonamacky.org compile des documents, témoignages et publications consacrés à différentes questions liées à ses deux mandats, exercés entre 2012 et 2024.

La plateforme revient notamment sur les manifestations et arrestations survenues durant cette période, mais aussi sur les questions relatives aux libertés publiques, à la presse et à certains dossiers financiers. Son objectif affiché est de convaincre les responsables internationaux de ne pas soutenir Macky Sall dans sa candidature à la tête de l’ONU.

L’ancien président considérait que plusieurs contenus publiés sur le site portaient atteinte à son honneur et présentaient un caractère diffamatoire. Le tribunal n’a toutefois pas retenu ces arguments pour justifier un blocage général de la plateforme.

Dans son analyse, le juge a notamment établi une distinction entre les critiques visant personnellement Macky Sall et celles portant sur les actes ou le fonctionnement des institutions sénégalaises durant sa présidence. Le simple fait que les événements évoqués se soient produits alors qu’il était chef de l’État ne permettait pas, à lui seul, de considérer qu’ils constituaient systématiquement des accusations personnelles à son encontre.

Le terme « inapte » considéré comme une appréciation critique

La campagne menée par le site présente également Macky Sall comme « inapte » à exercer les fonctions de secrétaire général des Nations unies.
Cette formulation n’a pas davantage convaincu le tribunal de prononcer les mesures de blocage demandées. La justice l’a analysée comme un jugement de valeur critique relatif à la candidature de l’ancien président à une fonction internationale.

Autrement dit, dans le cadre du débat entourant cette candidature, cette appréciation relève de l’expression d’une opinion critique plutôt que d’un élément suffisant pour justifier une restriction de l’accès au site.

La photo de Macky Sall peut également être utilisée

L’ancien président contestait par ailleurs l’utilisation de son portrait sur le site et sur les supports visuels servant à promouvoir la campagne.
Là encore, le tribunal n’a pas ordonné le retrait des images. Le juge a tenu compte du caractère public de la personne représentée ainsi que du thème traité par la plateforme : la candidature de Macky Sall à la direction d’une organisation internationale.

Dans ce contexte, l’utilisation de sa photographie a été considérée comme participant à l’information du public sur cette candidature.
La décision s’inscrit ainsi dans une appréciation de la liberté d’expression tenant compte de l’intérêt général du débat. Le tribunal a estimé que les éléments contestés ne justifiaient pas les mesures de blocage et de retrait réclamées par l’ancien président sénégalais.