Cameroun : Près de 6 000 fonctionnaires et agents de l’État risquent de perdre leur salaire pour absentéisme
Au Cameroun, 5 971 fonctionnaires et agents de l’État sont appelés à justifier leur situation administrative après avoir été identifiés dans le cadre d’une opération de contrôle. Faute de justificatifs avant le 31 octobre, ils pourraient perdre leur salaire et être exclus du fichier de solde de l’État.

Au Cameroun, près de 6000 fonctionnaires et agents de l’État sont appelés à justifier leur situation administrative/ Wikimedia
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Le gouvernement camerounais poursuit son opération de contrôle des effectifs de la fonction publique. Près de 6 000 fonctionnaires et agents de l’État pourraient voir leur rémunération suspendue s’ils ne parviennent pas à démontrer qu’ils occupent effectivement leur poste.
Au total, 5 971 agents publics sont aujourd’hui concernés par cette nouvelle phase de vérification. Leur situation a été mise en évidence à partir du croisement de plusieurs données administratives, notamment celles relatives aux déplacements aux frontières et les informations fournies par les différentes administrations auxquelles ces personnels sont rattachés.
L’objectif affiché par les autorités est de mettre fin aux situations dans lesquelles des agents publics seraient absents de leur lieu de travail tout en continuant à percevoir leur traitement.
Une suspension provisoire des rémunérations
Dans l’immédiat, le ministère camerounais des Finances n’a pas procédé à une radiation définitive. Une mesure conservatoire a plutôt été mise en place. En effet, les rémunérations des agents concernés pour les mois de septembre et octobre sont désormais orientées vers la paierie générale du Trésor.
Cette procédure laisse ainsi aux intéressés la possibilité de démontrer que leur situation administrative est régulière. Pour récupérer leurs salaires, ils devront se présenter personnellement auprès des services compétents et fournir les pièces permettant d’établir la légitimité de leur absence ou leur présence effective au service.
Le 31 octobre comme date limite
Les agents concernés disposent d’un délai pour régulariser leur situation. Au-delà du 31 octobre, ceux qui n’auront fourni aucun élément permettant de justifier leur situation risquent d’être considérés comme ayant abandonné leur poste.
Une telle conclusion entraînerait alors leur retrait définitif du fichier de solde de l’État.
La procédure s’inscrit dans une politique plus large menée depuis plusieurs années par les autorités camerounaises pour contrôler les effectifs de la fonction publique et réduire les irrégularités dans le paiement des salaires.
Des milliers de radiations déjà prononcées
Cette campagne de vérification n’est donc pas une première. Le contrôle physique des agents de l’État a déjà conduit à plusieurs vagues de sanctions.
D’après les chiffres communiqués par le ministère de la Fonction publique aux députés en novembre 2025, 6 936 agents avaient déjà été radiés à l’issue des précédentes opérations de contrôle.
Pour les finances publiques, l’enjeu est considérable. Le gouvernement estime que ces radiations ont permis de réaliser environ 30 milliards de francs CFA d’économies, soit près de 45,7 millions d’euros.
Avec cette nouvelle opération visant 5 971 fonctionnaires et agents, les autorités entendent donc poursuivre le nettoyage du fichier de solde et s’assurer que les rémunérations versées par l’État correspondent effectivement à des personnels en situation régulière.
Pour les agents désormais concernés, l’enjeu est immédiat : produire les justificatifs nécessaires avant l’échéance fixée par l’administration afin d’éviter la suspension, puis éventuellement la suppression de leur salaire.
