Burkina Faso : Ibrahim Traoré annonce une nouvelle Constitution et ouvre le débat sur l’après-transition
À quelques jours du quatrième anniversaire de son arrivée au pouvoir, Ibrahim Traoré a évoqué les principaux enjeux de son bilan, notamment la sécurité et la vie chère. Le capitaine a surtout annoncé la préparation d’une nouvelle Constitution, appelée à définir le cadre d’une éventuelle présidentielle et les règles du futur mandat présidentiel.

Le Capitaine Ibrahim Traoré lors de son entretien avec la presse burkinabè à quelques heures de la célébration du 4è anniversaire de son arrivée au pouvoir/ Burkina 24.com
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À l’approche du quatrième anniversaire de son accession au pouvoir, le capitaine Ibrahim Traoré a livré dimanche 27 septembre sa lecture de la situation du Burkina Faso. Au cours d’un échange avec la presse, le chef de l’État a abordé plusieurs dossiers qui occupent le débat national : la lutte contre les groupes armés, le coût de la vie, les relations extérieures et l’avenir institutionnel du pays.
Sur le front sécuritaire, Ibrahim Traoré a mis en avant les avancées enregistrées, estimant que les forces burkinabè ont réussi à reprendre le contrôle de plusieurs zones auparavant soumises à la pression des groupes terroristes. Le dirigeant n’a toutefois pas détaillé, dans son intervention, l’ampleur exacte de ces reconquêtes ni les difficultés encore rencontrées sur le terrain.
La vie chère au cœur des préoccupations
Autre sujet abordé : l’augmentation des prix des produits de première nécessité. Alors que le pouvoir fait face aux préoccupations grandissantes liées au coût de la vie, le capitaine Traoré a promis une réponse ferme contre les pratiques qu’il considère comme spéculatives.
Il a notamment accusé certains opérateurs économiques de chercher à provoquer une pénurie artificielle ou à augmenter les prix dans le but de fragiliser les autorités. Selon lui, ces pratiques s’inscriraient dans une stratégie destinée à alimenter le mécontentement populaire contre son régime.
Le gouvernement entend donc maintenir la pression sur les acteurs économiques soupçonnés de se livrer à de telles pratiques.
Une politique étrangère toujours marquée par la rupture
Sur le plan international, le chef de l’État burkinabè a réaffirmé l’orientation diplomatique engagée depuis son arrivée au pouvoir. La rupture avec la France reste assumée, tandis que les autorités de Ouagadougou entendent renforcer leur coopération avec les deux autres membres de l’Alliance des États du Sahel, le Mali et le Niger.
Concernant les rapports avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, Ibrahim Traoré s’est déclaré favorable à une coexistence entre l’organisation régionale et l’AES.
Les relations avec les partenaires européens apparaissent en revanche plus tendues. Le président burkinabè a évoqué les prises de position de certains responsables européens et prévenu qu’une dégradation supplémentaire des rapports pourrait conduire Ouagadougou à revoir, là encore, ses liens avec l’Union européenne.
Quel avenir politique pour Ibrahim Traoré ?
La question de la succession et de l’avenir institutionnel du Burkina Faso a également été évoquée.
Alors que son pouvoir est issu du coup d’État du 30 septembre 2022, Ibrahim Traoré a été interrogé sur la possibilité d’une future élection présidentielle et sur son éventuel départ du pouvoir. Il a renvoyé cette question à la future architecture constitutionnelle du pays.
Selon lui, une nouvelle Constitution devra notamment déterminer les conditions d’organisation d’une éventuelle présidentielle ainsi que les règles relatives à la durée et à l’exercice du mandat présidentiel.
À quelques jours de la date anniversaire de son arrivée au pouvoir, le capitaine Traoré présente ainsi les quatre dernières années comme une période de transformation profonde du Burkina Faso, tant sur le plan sécuritaire que diplomatique et économique. Les prochaines étapes dépendront notamment de l’évolution de la situation sécuritaire, du pouvoir d’achat des ménages et du futur cadre institutionnel.
